• Chronique Express 2

    L.G.M

    de Roland C.Wagner


    Roland C.Wagner s'étonnait l'autre jour qu'on persiste à voir essentiellement dans L.G.M un clin d'oeil à Martiens, Go Home !. C'est gonflé de sa part de le demander, mais pas exagéré.

    Pour commencer, L.G.M est truffé de références, parmi lesquelles le coup de chapeau à Fredric Brown n'est que la plus évidente. Heinlein est aussi largement convoqué. Que ça soit par l'évocation du destin comique qu'a connu En Terre etrangère, devenu le roman culte de la génération flower power, mais aussi via son personnage principal qui évoque furieusement celui de Marionnettes Humaines.

    Les plus pervers n'auront pas, non plus, loupé les références appuyées à Jimmy Guieu, l'inénarrable papa des Petits Gris, avec lequel Wagner a d'ailleurs co-écrit l'ultime numéro de la collection Anticipation du Fleuve Noir*.

    De ce joyeux foutoir qui bordélise avec enthousiasme les références de l'Âge d'Or (et plus justement du plaqué or en ce qui concerne Jimmy Guieu), Roland C.Wagner ressort avec un roman résolument punk. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si c'est finalement Jello Biaffra qui fini par emménager dans le bureau ovale - curieux destin pour le chanteur d'un groupe qui s'appelait les Dead Kennedys -. Mais comme toujours chez Wagner, la lecture se fait à plusieurs niveaux. Derrière la pochade et la satire, il agite les idées et nous parle de la peur de l'autre, de la manipulation des médias et ouvre sur la quasi mystique de l'imaginaire.

    Moins fouteur de merde que La Saison de la sorcière (prochainement réédité chez J'ai Lu), mais plus binairement jouissif L.G.M. est un roman qui ressemble finalement bien à son auteur : irrévérencieux, subversif et érudit.



    * authentique.

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