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Catastrophe | 17 juillet 2007

Ravage

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Écrivain, journaliste et scénariste, René Barjavel a été immortalisé dans cette stature de sage taciturne qu'il s'était donnée sur la fin de sa vie. Une posture qui seyait bien à ce Drômois, né en 1911 et monté à Paris en 1935. Et bien avant sa disparition en 1985, à la sortie d'un collège où il était venu rencontrer élèves et professeurs, on lui arrogeait déjà avec une constance très agaçante le titre quasi officiel de précurseur de la SF française. Adopté par la partie la moins renseignée de la frange crypto baba du lectorat pour Les Chemins de Katmandu et La Nuit des temps, coopté avec beaucoup de légèreté par la branche neo-romantique des fans du genre à cause L'Enchanteur, Barjavel bénéficie d'une bienveillance oublieuse. De fait, son anticipation inoffensive fait de lui la dernière borne fréquentable avant la disqualification en littérature de genre. C'est ainsi qu'il est devenu un classique des collèges où le manque de curiosité le fait encore étudier. Une série de malentendus pénibles que ne dissipera pas la présente édition de Ravage chez Folio Plus classiques.

« Classiques », car Ravage en est un. Nous appartient-il, alors, de le juger ? Paradoxalement, et bien qu'il soit présenté comme un roman de science fiction, on continue de l'étudier selon une grille de lecture généraliste. Alors oui, on peut juger de Ravage, sinon en regard de son contexte historique – qui n'est pas anodin – du moins sur ses qualités « science fictionnelles » intrinsèques. Troisième roman de Barjavel, mais son premier vrai succès, Ravage est publié sous l'Occupation, en 1943, chez Denoël, alors éditeur d'Aragon et d'Elsa Triolet, mais aussi de Brasillach, Rebatet ou Céline, la fine fleur de la littérature antisémite et/ou collaborationniste.

Dans le paysage éditorial de l'époque, son sujet a pourtant de quoi surprendre.

« Lumière, siouplaît ! »

Nous sommes en 2052, ère triomphante d'un modernisme saugrenu où les vieux rails des réseaux ferrés ont été changés en trois jours pour laisser place à des trains express suspendus. Le ciel des grandes villes se zèbre des éclats opalescents d'avions privés en plastique ultra résistant propulsés à la « quintessence », des immeubles de trois cents étages ont remplacé des quartiers entiers de Paris, et l'on s'y éclaire à l'énergie atomique. Le confort moderne comprend eau et lait courant à tous les étages, télé holographique et des autels funéraires façon diorama, où les aïeux embaumés sont théâtralisés, trônent au milieu du salon ( ???).

Entre ces grandes îles urbaines, la nature a repris ses droits sur une campagne laissée en friche. Inutile de se donner la peine de cultiver la terre, alors que les usines chimiques vous composent des menus ex nihilo, et « fabriquent » légumes et viandes. Seule la Provence constitue le dernier bastion de résistance à cette civilisation qui a mis sa destinée tout entière dans sa foi machiniste.

C'est de là qu'est originaire François Deschamps. Sceptique tranquille entretenant un petit fond réactionnaire, il monte à Paris décrocher son diplôme d'ingénieur-agronome et déclarer sa flamme à Blanche, son amie d'enfance. Cette dernière, pour tromper l'ennui d'un séjour parisien à l'école ménagère, s'est inscrite à un radio-crochet organisé par Radio 300. Repérée par son concupiscent directeur elle s'apprête à devenir la nouvelle coqueluche de la télé mondiale, et dans la foulée à se fiancer avec son pygmalion.

Mais le soir même de son lancement sur les ondes, une panne générale d'électricité prive Paris de courant. C'est en vain que la population va attendre un retour à la normale. La France tout entière — et probablement le monde — va rapidement sombrer dans le chaos et payer chèrement la confiance indue qu'elle avait placée dans la technologie.

« Douce France, cher pays de mon enfance... »

Parce qu'il sort dans le contexte très particulier de l'Occupation, on ne peut pas analyser Ravage à l'aune seule de ses qualités littéraires, ni faire abstraction des échos qu'éveillent les idées qui nourrissent son intrigue. D'autant moins que Ravage est édité par Robert Denoël, sur l'attitude duquel pendant cette période on jette, habituellement, un voile pudiquement embarrassé. Mais si l'on appelle un chat, un chat, il faut bien alors se résoudre à appeler un collabo, un collabo. De fait, même en admettant – et c'est discutable – que Barjavel n'ait pas pleinement pris la mesure des implications de son histoire, il est certain qu'elles n'ont pas pu échapper à un éditeur de l'acabit de Denoël.

Or dès les premières pages, il est permis de douter de la candeur de Barjavel. Dans toute sa première partie, il s'applique à décrire sa société du futur. Une exposition malhabile, rendue plus indigeste encore par les attaques fielleuses qu'il réserve aux tenants du modernisme. Une défiance qu'il rattache à sa fréquentation de Gurdjieff – gourou illuminé de la jet set du début du XXè siècle – mais qui n'explique pas tout. Les piques qu'il réserve à Le Corbusier1(rebaptisé pour l'occasion « Le Cornemusier », et qu'on ne pouvait pourtant guère soupçonner d'être un séditieux), ou la vision caricaturale qu'il livre des Cités-Jardins d'Henri Sellier2, disent assez ce que Barjavel pensait de leur œuvre. Ainsi lesté d'un plaidoyer qu'il larde de sarcasmes lourdingues, son Paris de 2052 s'englue dans un irréalisme confondant. « Ravage est un roman dicté par la logique », confiait-il pourtant en 1983 à des collégiens qu'il était venu visiter. Mais outre le manque d'explication du fléau qui prive ainsi le monde l'électricité (si ce n'est le titre original du roman, refusé par Denoël : La Colère de dieu), quelle logique, par exemple, lorsqu'il parle d'héberger les morts chez soi ? De même, on ne décèle aucune solution de continuité dans sa description d'une métropole où cohabitent dans un système résolument binaire, la modernité la plus échevelée et un petit peuple des faubourgs tout droit sorti du Paris de l'entre-deux-guerre, et dont la bêtise et la paresse ne sont recouvertes que d'un mince vernis d'anticipation. Facile et improbable encore, cet abandon total de la terre qu'il met en scène. Et si Barjavel fait ainsi subir les derniers outrages à la logique, c'est qu'il vise avant tout un propos. Un propos, qu'avec un sens consommé de la litote, il qualifiait volontiers de « nostalgique ». Plus de soixante ans après, nous dirions plutôt « réactionnaire ». Signe des temps.

C'est François Deschamps, son protagoniste qui incarne le mieux ces valeurs. La promptitude du jeune ingénieur-agronome à se transformer en tueur sans remords, qui n'hésite pas à exécuter un de ses hommes pour un simple manquement à la discipline, se trouve tout entière justifiée dans l'une de ses citations : « Nous vivons des circonstances exceptionnelles qui réclament des actes exceptionnels. » En 1943, on ne peut pas écrire ça sans savoir précisément ce que cela implique. Cette phrase aurait parfaitement pu figurer dans le discours de Pétain du 17 juin 40. Il préféra, il est vrai et avec le succès que l'on connaît, y « faire à la France don de sa personne pour atténuer son malheur ». Plus modestement, ça ne sera qu'à sa petite troupe d'abord puis, à la fin, à la communauté rurale reconquise, que Deschamps fera – lui – le don de la sienne. Un sacrifice héroïquement orchestré par Barjavel, qui nous expose, sans recul aucun, l'évidence qui va conduire son héros à dégringoler l'échelle de l'humanité pour assurer la survie de son groupe. Et pas une fois au cours de son voyage, il ne se demandera si – justement – son devoir ne serait pas plutôt d'en préserver l'étincelle dans ce monde qui s'éteint.

Veni, Vidi, Vichy

« La terre, elle, ne ment pas. », disait encore ce bon Maréchal (nous voilà...). Et c'est vers elle et son humble reconquête que vont tendre tous les efforts de François Deschamps. Avec un nom pareil ! Pensez donc ! Si la traversée d'une France grotesquement désurbanisée, et maintenant en proie au chaos, permet à Barjavel de nous laisser quelques belles pages, une fois encore, le propos sous-jacent rend la lecture pénible. Confronté, par exemple, à une pure révélation mystique, Deschamps n'en dévie pas pour autant d'un iota dans sa détermination inhumaine. Et lorsqu'enfin il arrive dans ce sanctuaire provençal, il va très vite s'imposer par son autorité naturelle. Devenu patriarche d'une enclave de civilisation rurale, il impose, pour le bien de ce peuple enfant que lui seul semble pouvoir sauver de lui-même, des règles que lui dicte son bon sens. Polygamie, obligation de procréer et strict contrôle du savoir (matérialisé notamment par son refus d'apprendre à lire et à écrire aux enfants, à moins que, devenus adultes, leurs fonctions au sein de la communauté ne les y oblige). Son exaltation de la rusticité sur fond de « c'était mieux avant » serait tout simplement risible, si le contexte ayant présidé à sa rédaction ne le teintait pas d'une complaisance coupable à l'égard des rengaines vichyssoises de l'État Français et de la Révolution Nationale.

Un soupçon qu'il est légitime d'entretenir à la lecture de Ravage, et qui est largement corroboré par un faisceau de présomptions. Au point qu'à la Libération, Barjavel se voit inscrit sur la liste noire des écrivains ayant collaboré. Ce dont l'auteur s'est toujours défendu. D'une part en précisant qu'il avait été retiré de cet index à suite de l'intervention providentielle d'un académicien y siégeant, et d'autre part en arguant de son antimilitarisme. Bien entendu, l'argument vaut ce qu'il vaut. On se souviendra que Céline, aussi, était violemment antimilitariste, ce qui ne l'a pas empêché d'être un salaud (génial, certes, mais un salaud tout de même).

Alors oui, je sais ! Il est toujours facile de se forger une opinion à l'ombre de la démocratie victorieuse, mais l'on ne reproche pas à Barjavel de ne pas avoir été Vercors ou Mauriac. Ils ne sont pas si nombreux, les écrivains qui avaient choisi la Résistance, et nul ne songerait à jeter la pierre aux autres. Mais tous n'ont pas publié dans Je suis partout, le torchon collaborationniste dont Brasillach (seul écrivain français exécuté à la Libération) fût prié de quitter la rédaction en chef, car il était jugé « trop mou ».

Cette période trouble dans la biographie de Barjavel est d'ailleurs un aspect de la question qu'élude un peu vite Marianne Chomienne, responsable du dossier, par ailleurs solide, qui accompagne cette nouvelle édition augmentée. En ne relevant que mollement, avec quelle adéquation les thématiques du roman s'adaptent à la propagande de Vichy (notamment celles du retour à la Terre, et de l'expiation des fautes passées), elle refuse d'ouvrir le débat.

Pas plus qu'elle ne s'interroge sérieusement sur la légitimité SF de Ravage. Elle cite pourtant d'autres références de l'imaginaire, telles que Rosny Ainé, Verne – bien-sûr –, mais aussi Huxley ou Bradbury, ouvrant ainsi sur d'autres fondamentaux du genre. Elle cite aussi quelques-uns des noms les plus intéressants du merveilleux scientifique : Maurice Renard, Jacques Spitz, Jean de la Hire ou Régis Messac. Ce qui ne manque pas de laisser perplexe, car se faisant, Marianne Chomienne aurait logiquement dû remettre en question le prétendu rôle de père fondateur de la SF, habituellement dévolu à Barjavel.

Perplexe surtout, car tous les auteurs précédemment cités, s'ils ont généralement une plume bien mieux trempée, ont tous une vision beaucoup plus claire de ce que doit être un roman de science fiction. Certes, stricto sensu, Rosny Ainé n'en écrivait pas encore, mais son approche était déjà d'une modernité et d'une rigueur autrement plus intéressante que celle de Barjavel. Alors, je pose la question : pourquoi continue-t-on de voir dans Ravage (et éventuellement La Nuit des temps), l'exemple scolaire parfait de science fiction à la française ? Car soyons clair : ou bien l'on sous-estime la dimension comique de Ravage – déjà relevée à sa sortie par Henri-François Rey, critique littéraire pour la revue pétainiste Idées –, ou on admet une bonne fois pour toute que Barjavel est au merveilleux scientifique ce que Bernard Werber est à la science fiction. Quoi qu'il en soit, il est bien certain qu'il n'est en rien le père de la science fiction française. Les raisons de cette usurpation sont certainement à chercher dans le manque de curiosité de bon nombre des professeurs de français, qui persistent à n'y voir qu'un genre mineur, car ils l'analysent selon une grille de lecture généraliste. Raison pour laquelle de mauvais auteurs de genre, comme c'est le cas pour Barjavel, voient leur œuvre largement surévaluée. Il est alors intéressant de se demander pourquoi on refuse à la science fiction un corpus analytique approprié, alors qu'il ne viendrait à l'idée d'aucun professeur de français de faire l'économie d'une méthodologie idoine pour parler d'un polar ? Pourtant, les germes de la pensée prospective sont aujourd'hui suffisamment ancrés dans la culture mainstream pour qu'on évite ce travers.

Misogyne (un travers, certes, courant de la littérature de l'époque), réactionnaire, illogique, dénué d'une vraie réflexion sur l'avenir, Ravage condense à lui seul tout ce qui ne fait pas un roman de science fiction. Pire, il se pose presque, en 2007, en contre-exemple parfait. Il est donc grand temps de se rendre compte que son étude en collège n'est plus qu'une mauvaise habitude, dont des collections comme Folio classiques se rendent complices, et de passer à des références sinon plus actuelles, du moins plus pertinentes.

 

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Publié par GonzoBonzo à 12:08:08 dans Livres | Commentaires (2) |

CSA ! Poil au doigt ! | 05 juillet 2007

Vous ne connaissez sans doute pas Jean-Eric Valli. Normal, il est discret, et œuvre à le rester. Un effort de tous les instants, quand on est l'un des hommes les plus puissants du paysage radiophonique.

PDG de Vibration – micro-réseau qui détrône sans difficulté NRJ dans la région d'Orléans –, il est aussi PDG du groupe START, qui s'est annoncé prêt à acheter toute radio indépendante qui serait à vendre. Dans son escarcelle sont déjà tombées Ado FM, Voltage, Wit FM et Sud Radio, Black Box, etc... Et on ne parle que de celles qui ont officiellement « rejoint le groupe » (terme que Jean-Eric Valli préfère à « a été racheté »). Il est nettement moins aisé de parler de celles qu'il contrôle en sous-main, en vue d'un rachat prochain. Mais de fait, quelque soit la méthode, START est en passe de devenir l'un des plus gros groupes radio de France. Un groupe d'un genre nouveau, complètement délinéarisé, sans ligne éditoriale, sans même une enseigne à mettre en avant. Une sorte d'anti-NRJ. Seule ligne directrice commune : une méthode de management « à l'américaine » ; mais avec cette vision étrangement féodale de l'atlantisme patronal que défend si ardemment le MEDEF. L'arrivée du groupe START dans une radio s'annonce par celle de ses redoutables cost-killers. Sorciers comptables qui rebalancent les comptes en berne par la seule grâce d'un puissant coup de machette dans la masse salariale.

Ce qui est intéressant, c'est de s'interroger sur ce qui motive une telle frénésie d'achats. La plupart de ces radios sont en difficultés financières, et certaines œuvrent même sur des formats qui ne suffiront pas à leur assurer une rentabilité suffisamment attractive pour un groupe tel que START.

À l'inverse de Jean-Paul Baudecroux, le patron de NRJ, lorsqu'il se lance dans l'aventure de la FM, en 1983, Jean-Eric Valli est un passionné de radio. Assez rapidement, il parvient à assoir la notoriété de Vibration, et à l'étendre jusqu'aux limites de Paris. Il devient un homme avec qui il faut compter. Un homme qui a suffisamment de poids pour créer en 1992, le G.I.E. des Indépendants. L'idée est lumineuse. Regrouper une douzaine de petites radios locales privées, et vendre une partie de leur espace publicitaire à de grosses centrales d'achat, qu'individuellement, aucune n'aurait eu assez de poids pour démarcher. Du temps d'antenne au kilo en quelque sorte.

Quinze ans plus tard « le GIE » est plus que florissant. Il rassemble aujourd'hui 490 fréquences, couvre 88.5 % de la population et touche journellement 7.8 millions d'auditeurs. Commercialisé par la régie de Lagardère, il a fait trembler le puissant groupe au moment de la renégociation de contrat, il y a quelques années, en brandissant le spectre d'aller voir ailleurs. C'est toujours Jean-Eric Valli qui le préside, et qui en a fait un puissant levier de contrôle. Car pour la plupart de ces indépendantes, les revenus issus du GIE oscillent entre 40 et 60% de la totalité de leurs rentrées publicitaires. C'est énorme, car même les poids lourds de son bouquet, comme Alouette en Vendée, Scoop à Lyon, ou Contact à Lille, en dépendent presque entièrement pour leur survie.

Une formidable réussite qui ne doit pas faire oublier un point important. Comment se fait-il que l'homme qui a la main-mise sur « la première offre radio nationale », puisse aussi être celui qui rachète pour son propre compte les stations qu'il propose dans son bouquet offert aux annonceurs ? Et surtout, comment le CSA, qu'on connaît plus vétilleux sur des questions, il est vrai, de bien moindre importance, parvient à ne trouver aucune contradiction (au moins déontologique) au fait que la même personne vende aux grosses centrales d'achat, les espaces publicitaires de ses propres radios. Espaces sur lesquels – donc – il sera rétribué une seconde fois ?

La réponse est hélas d'une simplicité biblique. Pour discret qu'il soit, Jean-Eric Valli n'est pas un homme à qui on dit non. J'en veux pour preuve l'insolite odyssée du rachat par le groupe START de Radio Latina, à Paris.

Dans le courant de l'été 2006, le groupe annonce le rachat de la station. Les préparatifs à la cession vont bon train, lorsqu'en septembre – coup de théâtre –, le CSA émet un avis défavorable, et casse la vente, au motif que START, déjà propriétaire de Voltage et d'Ado à Paris, initierait un processus de concentration néfaste à la diversité de l'offre radiophonique sur la capitale. Le CSA, ne fait ici que son travail d'autorité de régulation, en permettant à Paris de garder l'une de ses quatre dernières stations authentiquement indépendantes. Mais en décembre, nouveau revirement, la vente est rétablie. Des garanties auraient été négociées. Du coup, nous voilà rassurés.

Évidemment, on ne saura pas grand chose des dessous de cette reculade piteuse du CSA. On se contentera de prendre la chose avec un certain fatalisme. Personne ne doute de l'inutilité embarrassante de cette institution grassouillette qui vit des deniers de l'Etat pour entretenir à grand frais l'insigne privilège de lui servir de bonne conscience. Car le CSA est un peu comme un paratonnerre souterrain, une poubelle sans fond ou une valise sans poignée. Il n'est que le cache-honte d'un pouvoir qui n'a finalement jamais réussi à se défaire de ses mauvaises habitudes d'ingérence dans le domaine de l'audiovisuel. Le CSA n'est guère qu'un contremaitre mesquin, léonin avec les modestes, servile avec les puissants. Lui, si prompt à ratiociner et rappeler à l'ordre la moindre petite radio qui faillirait au respect inconditionnel des fameux 40% de chansons françaises, s'accommode sans grands états d'âme du sort en rouleau triple épaisseur que TF1 réserve à ses mises en demeures régulières pour non respect de la durée des écrans pub.

Pusillanimité, collusion, vassale génuflexion... Jean-Eric Valli et ses semblables peuvent dormir tranquilles. Les courbeurs d'échines veillent au grain.


inédit




Publié par GonzoBonzo à 12:07:34 dans Humeurs | Commentaires (4) |

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