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de J.G Ballard
La science fiction de James Graham Ballard est réputée difficile et extrême. Affilié à la New Wave britannique de la fin des années 60 aux côtés de Michael Moorcock et Brian Aldiss, il est l'un des piliers de la revue New Worlds, et assoit sa réputation sur des textes expérimentaux et provocateurs tels que Crash, L'Île de béton ou I.G.H.
Publié par GonzoBonzo à 16:05:14 dans Livres | Commentaires (0) | Permaliens
Smile c'était un fantasme, c'est maintenant une épopée. Mieux, une odyssée. Littéralement. Trente-sept ans pour enfin voir le jour. Presque le temps pour Ulysse de revenir deux fois à Ithaque. Et s'ils furent plus intérieurs, les tourments que Brian Wilson eût à traverser n'en furent pas moins sombres.
Seul à son piano, qu'il a planté dans un bac à sable au milieu de son salon, il tente de retranscrire des mélodies que lui seul entend. Compositeur lumineux, arrangeur obsessionnel, il écrit des micro-symphonies de quelques dizaines de secondes qu'il agence avec une science de l'alchimie unique. Une science qu'il a dénommée "musique modulaire". Ses morceaux naissent ainsi, comme autant de puzzles impossibles, truffés jusqu'à la dernière seconde de leurs trois minutes réglementaires de trouvailles philosophales.
Tiraillé entre la cohésion de cette cellule familiale dont il a désespérément besoin et l'album qu'il aspire à faire, Brian va s'enliser. Le syndrome est bien connu : il veut trop en mettre (comme moi avec cette putain de chronique que je suis en train de réécrire pour la cinquième fois). Changeant d'avis tous les jours quant aux arrangements des morceaux, il est incapable d'en finaliser un seul. Bourré d'acide, il passe de la dépression la plus noire à des vagues d'euphories qui, ni l'une ni l'autre, ne peuvent lui être d'un grand secours. La sortie de l'album, qui devait d'abord s'appeler Dumb Angel avant de devenir Smile, est retardée une première fois en décembre 66. Brian s'englue dans la paranoïa, a besoin d'être sans cesse rassuré, se mazoute dans un mysticisme de plage, est persuadé que Phil Spector veut lui arracher le secret de Smile et qu'il le fait suivre. Le délire culmine lors de la séance d'enregistrement de Mrs O'Leary's Cow, sous-titrée Fire, l'un des morceaux dédié aux éléments qui doit conclure l'album. En cabine tous arborent des casques de pompiers en plastique achetés dans un magasin de jouets. Ce jour là, une vague d'incendies ravage Los Angeles et un entrepôt voisin des studios Sunset Sound prend feu. Convaincu que les mauvaises vibrations dégagées par Fire sont la cause du sinistre, Brian Wilson essaie de brûler les bandes.
Sorties des bandes masters survivantes, sont nées au cours des décennies suivantes des dizaines de versions pirates, toutes labellisées "vraie version originalement authentique de l'album promis juré craché les autres versions c'est tout rien que de la merde". C'est même devenu une sorte de jeu pour les fans d'élaborer son Smile. Le puzzle de la mort en 12 000 pièces. Personne de toute façon n'est là pour les contredire puisque Brian Wilson s'est enfoncé dans la folie. Trop de bulles d'acide sont restées coincées dans ses synapses (du moins celles qu'il lui restent). Couché dans son lit à se défoncer aux calmants en boulottant des pots de crèmes glacées il s'est transformé en un barnum fleuri de 150 kilos, jusqu'à ce que le Dr Eugène Landy, sorte de gourou-psy vaguement escroc très californien au fond ne finisse contre toute attente à lui faire remonter la pente. Doucement. Tout doucement.
Bien malin celui qui pourrait affirmer que la présente résultante est bien conforme à ce que Brian Wilson avait en tête en 1967. Qu'a-t-il bien pu surnager dans le brouet de neurones liquéfiés qu'était devenu son cerveau ? Qu'a laissé la reconstruction opérée par Landy, qui a tiré la chasse sur vingt ans de névroses et a remis en place, après filtrage, tout ce qui tenait encore vaguement debout.
Archives - Septembre 2004

Publié par GonzoBonzo à 17:52:47 dans Musique | Commentaires (3) | Permaliens
Revoilà la SF de barricade, qui hisse le drapeau noir. Sous les pavés, la page. Les Editions Libertaires annoncent dès le départ la couleur dans une intro, qui tient presque du tract, et qui nous est adressée depuis "Quelque part dans les maquis de la résistance à l'intolérable". Nous sommes en Anarchie, et, avec une jubilation militante, on y souhaite encore au capitaliste de crever la gueule ouverte. Bien plus que rafraîchissant, c'est finalement assez salutaire.
Publié par GonzoBonzo à 17:47:42 dans Livres | Commentaires (0) | Permaliens
Roland C.Wagner s'étonnait l'autre jour qu'on persiste à voir essentiellement dans L.G.M un clin d'oeil à Martiens, Go Home !. C'est gonflé de sa part de le demander, mais pas exagéré.
* authentique.
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Publié par GonzoBonzo à 15:30:26 dans Chroniques express | Commentaires (1) | Permaliens
Il y a indubitablement cousinage entre le rock et la SF. Toutefois, s'il leur arrive de flirter en cousin / cousine, c'est assez rarement une réussite. En l'occurrence Lewis Shiner a tout bon ! Pour le fan de rock, la simple lecture de Fugues est un régal absolu. De l'exactitude des sources à la perfection du choix des albums, c'est tout simplement un bonheur. Sa description du Swinging London finissant est parfaite, pour ne rien dire des séances de Smile, l'album fantôme de Brian Wilson (présentons plutôt les choses ainsi, tant les autres Beach Boys n'étaient tellement pour rien dans le coup...). Mais réduire Fugues à cela serait une erreur. Shiner a su cerner avec une sensibilité extrême la psychologie de son personnage. Avec ce quadragénaire mal grandit, on pense immanquablement à Haute Fidélité, mais lui fait mouche là où Nick Hornsby reste dans l'anecdotique, prisonnier de sa littérature du superficiel. Aux antipodes d'une sorte de Journal de Bridget Jones au masculin, ce splendide petit roman fait vibrer la corde sensible ; c'est peut-être celle de la Gibson SG qui figure sur la couverture, mais en tout cas elle sonne diablement juste.
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Publié par GonzoBonzo à 15:26:44 dans Chroniques express | Commentaires (0) | Permaliens
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